Refonte de la formation médicale de graduation en Algérie

Refonte de la formation médicale de graduation en Algérie
Doyens des facultés de médecine d’Alger, Laghouat, Sétif, Tlemcen, Bejaia, Constantine et Tizi Ouzou

Une réunion a regroupé le 21 mai 2017 les enseignants de la faculté de médecine d’Alger avec les doyens des différentes facultés de médecine d’Algérie, au niveau de l’auditorium de la faculté de médecine d’Alger. A l’ordre du jour : la Refonte de la formation médicale de graduation.
On pourrait dire enfin vu que les textes régissant les études de médecine datent de 1971 (décret n°71/215) ! Et comme l’a souligné le Pr. Fissah, la formation du médecin généraliste algérien du 21ème siècle ne répond plus aux besoins actuels en soins de la population, le nombre d’étudiants est trop élevé par rapport aux structures d’accueil, la prise en charge pédagogique uniquement dans les CHU est insuffisante , il n’existe pas de formation pratique dans les structures périphériques de santé (EPSP : polycliniques et salles de soins) alors que c’est dans ces structures que le médecin est appelé à exercer à la fin de ses études, les programmes d’enseignement sont inadéquat avec les nouvelles réalités de santé publique du pays etc…
Afin de répondre à ces nouvelles exigences, les responsables des 15 facultés de médecine se sont concertés et ont mis en place :
- Sur le plan pédagogique : des référentiels de formation et des cahiers des modules de graduation.
- Sur le plan réglementaire : des comités de coordination, des comités pédagogiques et un guide de l’étudiant.
La concertation qui a débuté au début de l’année 2016 a impliqué la direction des enseignements et de la formation supérieure au Ministère de l’Enseignement Supérieur, les Directions des Structures de Santé et de la Formation du Ministère de la Santé et bien entendu la Conférence Nationale des Doyens des Facultés de Médecine (véritable cheville ouvrière de cette refonte).
3 commissions ont ainsi été mise en place : 
- Une commission chargée de l’architecture du cursus,
- Une commission chargée des modalités et des programmes de formation,
- Une commission chargée de l’élaboration des textes réglementaires.
Le professeur Berber (doyen de la faculté de médecine de Tlemcen) rapporteur de la commission chargée de l’architecture du cursus, a donné 5 raisons principales ayant motivé cette refonte :
1. Naturelle ou évolutionnaire : les textes régissant l’enseignement datent de 46 ans !
2. Epidémiologique : il existe une transition épidémio-démographique dans le pays.
3. Pédagogique : approche par compétence et éventuellement intégration de la philosophie du LMD.
4. Economique : maitrise des dépenses de santé par une formation de qualité.
5. Sociale.
Le professeur Berber a rappelé que le profil du médecin généraliste qui doit être formé doit se rapprocher du modèle OMS dit « médecin 5 étoiles » avec ses 5 caractéristiques : dispensateur de soins de qualité, communicateur, décideur averti, membre influent de la communauté, gestionnaire.
Concernant le cursus, il a été proposé un cursus de 3 cycles :
- Un cycle préclinique de 3 ans
o 1ère année : enseignement des sciences base (chimie, physique, cytologie, biochimie, histologie, informatique et biostatistiques);
o 2ème et 3ème année : enseignement sous forme d’unités intégrées ;
- Un cycle clinique de 3 ans : enseignement sous forme modulaire avec regroupement par organe de manière cohérente et organisation de stages intégrés à cet enseignement. Ces stages cliniques sont laissés aux soins de chaque faculté en fonction des contraintes locales.
- Un cycle de spécialisation en médecine générale de 2, 3 ou 5ans, qui nécessitera comme prérequis la validation des 2 premiers cycles et auquel accède l’étudiant (externe) grâce à un examen classant par faculté.
Ce 3ème cycle appelé résidanat permet soit d’effectuer :
- La spécialité de médecine générale (médecine de famille ou encore médecine communautaire) en 2 ans ;
- Soit une autre spécialité (classique) en 4 ou 5ans.
Concernant l’architecture des études, la nouveauté est donc le résidanat de médecine générale dont le cursus sera constitué d’un enseignement théorique (volume horaire moyen de 250 heures/an) sous forme de séminaires pratiques et d’ateliers interactifs, ainsi que d’une formation pratique ( 4 stages de 6 mois) qui s’effectuera aussi bien dans les CHU , les structures de santé publique et parapublique ainsi que dans les cabinets de médecine libérale. Un mémoire de fin d’études (thèse d’exercice) clôturera ce 3ème cycle.
Les techniques d’enseignement ont également été abordées au cours de cette réunion (apprentissage par discipline, par système et par problème). L’idéal étant l’association des 3 systèmes d’apprentissage.
Des recommandations ont été faites pour
- enrichir le programme de 1ère année de médecine, généraliser le tutorat et moderniser les méthodes pédagogiques.
- Créer des bureaux de la pédagogie dans les facultés de médecine
- Permettre l’ouverture de masters en sciences médicales.

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